Découvrir des sites et édifices remarquables, mais souvent confidentiels

Nièvre : la crypte d’Alluy et ses peintures murales du XIIIe siècle, celle de Saint-Parize-le-Châtel et ses chapiteaux au décor exclusivement profane (58) ou encore le chevet roman de Saint-Révérien et son groupe de chapiteaux sculptés. Le bourg de Prémery offre quant à lui dans les pierres de sa collégiale Saint-Marcel, de son château et de la maison du bon Nicolas Appeleine (1405-1466), généreux chanoine qui dédia sa vie à Dieu et aux pauvres, le témoignage de siècles chargés d’histoire.

Côte d’Or et Yonne : les stalles de Bard-le-Régulier (21) et celles de Montréal (89). Entre Annonciation, centaure, masques hybrides, chanoine adipeux mais serein et jeune moine rieur ou assidu à la lecture, l’église romane de Bard-le-Régulier conserve les plus anciennes stalles de Bourgogne (v. 1360). Découvrir en même temps l’église fortifiée de Manlay, à quelques kilomètres. Les stalles de Montréal sont quant à elles plus tardives et, déjà, d’esprit Renaissance (v. 1520) ; jouées et miséricordes convoquent le visiteur à la taverne ou à l’atelier du menuisier et le rappellent à la vie du Christ, dans un monde où veillent de mystérieuses sirènes. Dans l’Yonne, la crypte romane de l’église de Cry (XIe s.) et les peintures murales de Chassignelles (XIIIe s.), des trésors encore trop souvent méconnus, sont à découvrir absolument. Et pourquoi se priver de visiter l’une des plus anciennes églises paroissiales de Bourgogne, celle de Saint-Aubin (avant-nef du Xe s.), encore empreinte de traditions carolingiennes ? D’ailleurs, je ne vous cacherai pas que ce village vigneron est l’un de mes préférés…Peut-être l’influence de bons souvenirs de balades à vélo du vignoble de Santenay à celui des Hautes Côtes. 

Saône-et-Loire : le département compte plus de trois cents édifices entièrement ou partiellement romans. Quand on pense que plus de deux cents ont été détruits, au moment de la Révolution certes, mais surtout par la fièvre de reconstruction qui gagna le clergé au XIXe siècle ! N’oublions pas, au passage, de rendre hommage aux architectes qui ont assuré les restaurations des édifices qui nous sont parvenus et leur ont donné une nouvelle vie, même si l’on peut trouver qu’ils ont parfois eu la main lourde. Entrons-y et laissons-nous conter une histoire. Allons par exemple à Gourdon où l’église, du premier quart du XIIe siècle, recèle un remarquable ensemble de chapiteaux et un programme peint parmi les plus importants en Région Bourgogne, le tout dans une pure architecture romane ; non loin de là, Saint-Vincent-des-Prés et l’ancien prieuré-doyenné voisin de Bézornay constitueront le cadre idéal pour évoquer la vie paroissiale au XIIe siècle et l’économie rurale des moines clunisiens.

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